Sommes-nous pleinement satisfaits de notre vie ? De manière habituelle, nous sentons-nous en pleine satisfaction émotionnelle ? Ou au contraire en manque, en tension vers quelque chose : une nouvelle acquisition, une nouvelle relation, une nouvelle gratification ? Et là nous serons enfin bien, enfin heureux. Nous sentons-nous pleinement à notre place ? Ou au contraire cherchons-nous frénétiquement ce qui donnera enfin un sens à notre vie ? Depuis le temps que nous suivons nos pulsions automatiques, notre situation s’est-elle améliorée ? Sommes-nous mieux, plus heureux, moins frustrés ? Malgré tous nos efforts et toutes nos lectures de développement personnel, avons-nous vraiment avancé ? Est-ce possible d’améliorer véritablement et significativement son quotidien ? De se sentir pleinement satisfait et heureux ? Explorons cette question ensemble et découvrons que peut-être, nous ne cherchons pas au bon endroit…
Le constat : Il nous manque toujours quelque chose pour être enfin bien
Je serai enfin bien quand j’aurai ceci ou cela
À 20 ans : « Mon avenir me stresse. Il faut que je réussisse mes études pour trouver un bon travail, et que je me marie pour fonder une famille, et là je serai enfin bien, enfin heureux ».
À 30 ans : « Je suis bien, j’ai ma petite vie tranquille, tout paraît idéal : j’ai un toit, un travail, une femme, des enfants, tout ce que je voulais. Mais en fait, ça ne va pas. Je m’ennuie. Parfois, je me sens vide. Il faut que je trouve le sens de ma vie, quelque chose qui me fasse vibrer et là je serai enfin bien, enfin heureux. »
À 40 ans : « J’ai tout plaqué. Ma femme, mes enfants, mon travail. Je me suis reconverti professionnellement, je suis digital nomade désormais. Je vais bientôt partir vivre à l’autre bout du monde, sur une île paradisiaque, et là je serai enfin bien, enfin heureux. »
À 50 ans : « Finalement, c’était moins excitant que ce que j’imaginais de vivre différemment à l’autre bout du monde. Je me sens seul. Je m’ennuie. Et puis, je commence à m’inquiéter pour l’avenir. Je vieillis, je suis célibataire et je n’ai pas de maison à moi. J’ai peur de finir seul et d’être en difficulté financière. Il faudrait que je retrouve un travail salarié, que je rachète une maison et que je trouve quelqu’un qui saura m’accepter tel que je suis. Et là je serai enfin bien, enfin heureux. »
À 60 ans : « J’ai facilement retrouvé un travail bien rémunéré, j’ai pu acheter une belle maison avec ma nouvelle épouse. Mais ça ne va pas, je m’ennuie. Parfois, je me sens vide. Mais je ne comprends pas ce qui me manque. Je crois que je suis un éternel insatisfait… »
Et si, en fait, on se trompait depuis le début
Nous sommes convaincus depuis notre plus tendre enfance que notre bien-être dépend des conditions extérieures, de choses que nous devons obtenir ou qui doivent se passer de telle façon. Des objets sur lesquels, bien entendu, nous n’avons aucun contrôle, ou seulement une illusion de maîtrise.
Nous ressentons ainsi un malaise, une agitation, une insatisfaction, un mal-être quasiment en permanence.
Pour nous soulager de cette tension, nous projetons nos espoirs sur l’extérieur. Nous mettons en place des stratégies de contrôle ou de fuite pour obtenir ce qui nous paraît être source de sensations agréables et tenir à distance ce qui nous paraît être source de sensations désagréables.
Et si, en fait, on se trompait depuis le début…
Et si le problème venait justement de nos attentes sur l’extérieur ?
En effet, quoi que l’on fasse, quoi que l’on obtienne, le même scénario se reproduit inlassablement. Ce sentiment d’insatisfaction, cette impression qu’il manque encore quelque chose pour être enfin bien est toujours là.
Au lieu de remettre en cause notre fonctionnement habituel, nous justifions encore ce manque de bien-être par l’extérieur : « si je ne suis pas bien, c’est parce qu’il n’y a pas encore ou pas assez de… »
On obtient ce que l’on voulait ou on se débarrasse de ce qu’on ne voulait pas. Et comme on ne se sent toujours pas bien, on accuse autre chose de notre manque de bien-être, et c’est sans fin.
Le déclic : Chercher le bien-être dans nos conditions de vie extérieures est une impasse
Au milieu de cette expérience, bien sûr, il y a des pauses de bien-être, des shoots de sensations agréables. Une soirée arrosée, une journée canapé, une sortie en forêt, un repas au restaurant, une rencontre prometteuse, etc. Mais ce n’est jamais rassasiant durablement.
Cette pause nous distrait juste un temps, mais n’apporte jamais la satisfaction recherchée.
Elle peut même générer en nous un état d’agitation, car ce n’est jamais suffisamment intense ou long.
C’est comme essayer de remplir un puits sans fond.
Pourquoi ?
Peut-être devrions-nous envisager que ces objets extérieurs ne possèdent tout simplement pas le pouvoir de nous rendre satisfaits, de nous apporter un bien-être durable ?
Peut-être que la solution à notre sentiment de manque est ailleurs, et que depuis le début nous essayons de soigner un virus avec des antibiotiques. Les antibiotiques n’ont pas le pouvoir de nous soigner d’un virus. Les choses extérieures n’ont pas le pouvoir de nous soigner de notre mal-être intérieur.
Alors existe-t-il un remède efficace pour lutter contre ce sentiment de manque, d’insatisfaction, cette agitation, ce mal-être, et ainsi améliorer significativement la façon dont nous vivons notre quotidien ?
Le remède de Bouddha : Entraîner son esprit pour favoriser les états d’esprit vertueux
« Il n’y a pas de maîtrise à la fois plus grande et plus humble que celle que l’on exerce sur soi. » Léonard de Vinci
Qu’est-ce que nous découvrons quand nous arrêtons de nous prendre la tête, quand nous lâchons prise ? Quand nous arrêtons d’alimenter les peurs et les désirs au sujet de ce que nous croyons qu’il nous faudrait pour être vraiment bien et satisfait ?
Nous découvrons un état de calme, de paix intérieure, source d’un bien-être durable.
Nous pouvons même réaliser que, finalement, c’est notre quête de bien-être qui est la source de notre mal-être. Que ce sont nos préoccupations et nos pensées habituelles agitantes à propos de ce qu’il nous faudrait pour être bien qui sont en réalité la source de notre souffrance.
Observons ensemble :
Quel est LE point commun de tous les moments où je me sens vraiment bien ?
Le point commun de tous ces instants où je ressens un réel bien-être est le suivant :
Mon esprit est calme et paisible.
Le calme de mon esprit, c’est-à-dire l’absence d’agitation mentale, est une expérience profonde de bien-être.
À tout moment, je peux débrancher mon mental pour retrouver ce calme et ce bien-être.
Je me sens bien quand mon esprit est paisible. C’est tout !
Imaginez, vous êtes en vacances à la plage. Vous recevez un appel du travail, car un de vos dossiers pose problème. En même temps, vous assistez à un sublime coucher de soleil sur la mer. Mais vous êtes si préoccupé que votre ressenti n’est pas agréable, vos sensations ne sont pas des sensations de bien-être.
Le coucher de soleil, si beau soit-il, n’a pas le pouvoir de vous rendre bien.
À l’inverse, imaginez que votre fiancée vient de vous annoncer par téléphone qu’elle est enceinte. Vous êtes sur un petit nuage. Vous prenez la voiture pour la rejoindre. Sur la route, un automobiliste énervé vous double en vous klaxonnant et vous insulte. Mais vous êtes si profondément heureux que votre ressenti n’est pas désagréable, vos sensations ne sont pas des sensations perturbées.
Les insultes et l’attitude de l’automobiliste, si agressives soient-elles, n’ont pas le pouvoir de vous rendre mal.
Alors est-il possible de garder un esprit paisible en toutes circonstances ?
Comment dompter notre esprit pour éliminer les perturbations mentales qui nous rendent malheureux ?
Petit à petit, en cultivant des états d’esprit vertueux, tels que l’amour et la compassion (que nous détaillerons dans un prochain article), et en repoussant les états d’esprit non vertueux, tels que l’attachement et la colère, à la fois grâce à la méditation, mais également à chaque instant de notre quotidien, à chaque interaction, lors de chacune de nos actions.
Évidemment, ce n’est pas facile. C’est un travail long et méticuleux qui demande énormément d’attention et de discernement. Il faudra sortir de notre pilotage automatique et déloger une à une chaque perturbation mentale.
Mais nous savons en nous-mêmes que c’est un chemin qui en vaut la peine…
« On ne reçoit pas la sagesse, il faut la découvrir soi-même, après un trajet que personne ne peut faire pour nous ». Marcel Proust
Sources :









