En ce moment, je lis un livre qui ne traite pas directement du bouddhisme. Il s’agit d’un livre d’Eckhart Tolle : « L’art du calme intérieur ».
Hier soir, je tombe sur ce paragraphe qui m’éclaire d’un coup d’un seul…
« La plupart des gens confondent le Présent avec ce qui s’y passe, mais ce n’est pas le cas. Le Présent est plus profond que ce qui s’y déroule : c’est l’espace dans lequel cela se déroule.
Ne confondez donc pas le contenu de cet instant avec le Présent. Le Présent est plus profond que tout ce qu’il renferme. »
Waouh. Je relis le passage. Une fois, deux fois, trois fois, etc.
Et me reviennent en mémoire mes lectures sur la nature de l’esprit.
Guéshé Kelsang Gyatso nous explique dans « Comment comprendre l’esprit » que :
« La nature de l’esprit est clarté, ce qui signifie que l’esprit est une chose vide comme l’espace, qui n’a jamais ni caractéristique physique, ni forme, ni couleur. »
C’est ainsi que je comprends que l’esprit, ce ne sont pas les choses qu’il y a dans mon esprit, les pensées qui le traversent par exemple. Mais c’est l’espace dans lequel ces choses peuvent apparaître.
Ce n’est pas la somme de tout le contenu. C’est l’espace vide dans lequel ce contenu apparaît puis disparaît.
Et Moi dans tout ça ?
Suis-je le contenu ? Mon corps, Mon esprit, Ma vie ?
Ou suis-je La Vie ?
L’espace dans lequel tout cela apparaît puis disparaît…
Je m’identifie facilement à ce contenu : je suis mon corps, je suis mes pensées, je suis mes émotions, je suis mon travail, je suis mon pays, je suis ma maison, etc.
Et si j’étais autre chose que ce contenu ?
Eckhart Tolle nous dit aussi :
« En regardant un arbre, vous avez conscience de cet arbre. En ayant une pensée ou un sentiment, vous avez conscience de cette pensée ou de ce sentiment. En vivant une expérience agréable ou pénible, vous avez conscience de cette expérience.
Ces affirmations semblent vraies et évidentes, mais en les examinant de très près, vous découvrirez que, d’une façon subtile, leur structure même renferme une illusion fondamentale, qui est inévitable lorsque vous recourez au langage. La pensée et le langage créent une dualité apparente, une personne séparée qui n’existe pas.
En vérité, vous n’êtes pas quelqu’un qui a conscience de l’arbre, de la pensée, du sentiment ou de l’expérience. Vous êtes la conscience dans et par laquelle ces choses apparaissent.
Au fil de vos occupations, avez-vous conscience d’être cette conscience dans laquelle se déploie tout le contenu de votre vie ? »
Pour ma part, j’ai effectivement l’impression que tout ce que je perçois c’est du contenu.
Je n’arrive pas à me percevoir MOI. Ma véritable nature, mon véritable moi.
Pourquoi ?
Peut-être parce que je ne peux pas être à la fois :
- le sujet qui perçoit ;
- et l’objet qui est perçu.
En essayant de faire ça, en essayant de me connaître, je crée quelqu’un qui n’existe pas. Et je m’identifie au contenu de ma vie au lieu de m’identifier à la clarté, au vide, au sans forme, à l’espace dans lequel tout ce contenu est produit.
L’espace vide sans forme peut-il se percevoir lui-même ?
En tant qu’êtres humains, nous avons la chance d’être méta-conscients. C’est-à-dire que nous sommes conscients que nous sommes conscients. Nous avons la possibilité d’observer nos pensées, nos agissements, nos émotions, etc.
Mais en faisant cela, c’est toujours le contenu que nous observons. Et non l’espace qui contient.
J’ai bien compris et intégré, intellectuellement parlant, que mon impression très forte et solide d’être un moi ici qui observe le reste là-bas qui existerait indépendamment de moi, de son propre côté est une illusion.
Pourtant cette sensation est si ancrée et si forte qu’il est difficile de la lâcher…
Cet arbre que j’observe ou que je touche n’existerait donc pas vraiment à l’extérieur de moi ?
Suis-je l’espace vide qui contiendrait cet arbre ? Ou en tout cas l’idée de cet arbre…
Bon allez il va falloir que je réécrive ma page « qui suis-je ? » !!! Mais pas tout de suite car je suis prise d’un vertige métaphysique.










