C’est inacceptable, inadmissible, impardonnable, intolérable, inexcusable, inconcevable ? Et pourtant c’est là… Refuser que les choses soient comme elles sont est fréquent. Mais est-ce utile ? Est-ce bénéfique ? Vivre en phase avec ses idées plutôt qu’avec la réalité, est-ce favorable ? À quoi cela peut-il servir de refuser le réel tel qu’il se présente ? Accepter pleinement toute la réalité telle qu’elle est, est-ce de la faiblesse, de la résignation, de la passivité ? Ou au contraire est-ce une grande sagesse ?
Que se passe-t-il lorsque je n’accepte pas la réalité ?
Imaginez la scène suivante :
Vous discutez avec quelqu’un qui tient des propos choquants, voire violents, par exemple des propos racistes ou homophobes.
Il y a deux types de réactions possibles :
1/ Refuser que les choses se passent ainsi et considérer que cela devrait se passer autrement « cette personne ne devrait pas tenir de tels propos ». Vous ne pouvez pas l’accepter.
ou
2/ Abandonner l’idée que les choses auraient dû se passer différemment et accepter les choses telles qu’elles se manifestent. « Ok cette personne tient des propos violents. »
Quelle est la réaction qui survient automatiquement chez la plupart d’entre nous ?
Reconnaissons que c’est la première option… Nous désirons fortement que les choses se passent différemment.
Dans ce cas, notre esprit n’est pas d’accord avec ce qui se passe. Nous développons l’idée suivante « ça ne devrait pas se passer comme ça ». Nous ne sommes plus du tout en phase avec la réalité.
Que se passe-t-il alors avec cette idée ? Elle nous crée une tension intérieure.
Et plus elle est forte, plus nous considérons la situation comme inacceptable, plus notre réaction va être violente et incontrôlée.
👉Résultat : on explose à cause de cette tension que l’on a à l’intérieur de nous-mêmes, ce qui peut se transformer en réactions extérieures violentes ou en ruminations et rancœurs.
Reconnaissons maintenant que ce refus de la réalité ne nous aide pas à gérer rationnellement la situation. Il remplit notre esprit de négativité et ajoute finalement un problème intérieur.
Dans ces moments-là, nous pouvons nous voir faire des choses qui ne nous ressemblent pas du tout.
Cette personne en face de moi tient des propos racistes. Je sens cette tension intérieure qui commence à monter et qui s’intensifie… Une énergie haute, la mâchoire qui se crispe, le pouls qui s’accélère… J’ai envie d’exploser. Je me mets à l’insulter. Le dialogue et la relation sont rompus et je suis dans un état second. 😡
Est-ce que ma réaction a apporté quelque chose ? Est-ce que cette personne va réfléchir à ces propos et à sa façon de penser ? Est-ce que cette façon de réagir va permettre de faire évoluer favorablement la situation ? Est-ce que cette situation que je considère comme inacceptable va devenir acceptable grâce à ma façon de réagir ?
Je ne crois pas… Je crois plutôt que cela ne change rien du tout à la situation extérieure, et ajoute simplement un grand malaise intérieur chez moi.
C’est ainsi que réagir de manière automatique est finalement la meilleure manière de ne pas être constructif.
Y a-t-il une autre façon de réagir plus constructive ?
Que se passe-t-il lorsque j’accepte la réalité ?
Si je choisis la deuxième option, si je lâche prise et que j’accepte les choses telles qu’elles se présentent, j’abandonne l’idée que les choses devraient être différentes.
Je garde alors mon esprit en phase avec la réalité : ok ça s’est passé comme ça.
Pas besoin de tension intérieure, pas de réaction violente, etc.
Que se passe-t-il en moi dans ce cas ? Je me réjouis que cette personne n’ait pas réussi à gâcher mon état intérieur, je reste paisible et je reprends le contrôle.
Ce n’est plus l’extérieur qui me dicte comment je dois me sentir.
Je comprends alors que c’est le début de la liberté.
Si l’on apprend la patience, l’acceptation, on est libre.
Quelle est l’attitude la plus bénéfique ? Le lâcher-prise ou le refus d’accepter ?
Parmi les deux réactions possibles, quel est le scénario le plus bénéfique ?
L’acceptation bien entendu.
Est-ce de la résignation ? Est-ce se laisser marcher sur les pieds ? Est-ce cautionner ?
NON, NON et NON. C’est juste libérer notre esprit de la négativité.
On peut parfaitement être patient, en phase avec la réalité et dire non calmement. 🧘♀️
Dans cet état intérieur de calme, ce qui va motiver notre action c’est le bien des autres : par compassion et par amour nous pourrons nous positionner et agir pour essayer de changer la situation dans l’avenir, sans rejet de la situation actuelle.
L’esprit reste ouvert et constructif. Alors que dans la première option, il est fermé et négatif.
Dans l’exemple de cette personne qui tient des propos choquants, le pire sera de rentrer en conflit. Avec patience et compassion en revanche, nous pourrons agir avec douceur en comprenant que cette personne est elle-même prisonnière de ses idées et en essayant de l’aider de façon constructive.
Tout cela sans s’attacher à ce que notre attitude positive produise des résultats, car la situation extérieure ne dépend pas uniquement de nous…
Attention, cette deuxième option est loin d’être familière, elle ne se fera pas toute seule. Une fois convaincu que c’est le bon scénario, il faudra méditer dessus et rester attentif à tout instant pour modifier durablement notre pilotage automatique.
Comment agir concrètement pour pratiquer la patience et l’acceptation ?
Dans son livre « Comment résoudre nos problèmes humains », Guéshé Kelsang Gyatso nous explique que la patience est un esprit capable d’accepter pleinement et joyeusement tout ce qui se passe, ayant abandonné l’idée que les choses devraient être autres que ce qu’elles sont.
C’est ainsi que le chemin pour y parvenir est le suivant : nous devons abandonner une idée.
💭« ça ne devrait pas s’être passé comme ça »
Car dans tous nos épisodes de colère, il y a cette idée qui rejette la réalité. La clé pour libérer notre esprit, c’est donc d’abandonner cette idée.
Quand on y réfléchit, c’est complètement fou de vouloir que les choses soient différentes de la réalité…
C’est la réalité, c’est ce qu’il se passe et cela ne dépend pas de nous.
Désirer que ce qui se passe n’ait jamais existé ne va que nous faire du mal. Cela ne va même pas nous aider à agir pour changer les choses de manière constructive. Contrairement à ce que nous pouvons croire, nous n’avons pas besoin de rejeter la réalité pour faire avancer les choses.
On peut parfaitement désirer orienter les choses d’une certaine façon et agir dans ce sens. Mais une fois qu’une situation vient à exister, c’est trop tard. Ce qui est là est là ! Il ne peut pas en être autrement.
Le fait de refuser la réalité et désirer un autre scénario que celui qui s’est produit est un mécanisme de défense. Pourtant plus on est en décalage avec la réalité, plus on est agité, et à l’inverse, plus on met notre esprit en phase avec la réalité, plus on est paisible. Ce devrait donc être l’acceptation notre mécanisme de défense intérieure !
Reconnaissons que nous sommes très souvent en décalage avec la réalité.
On plaque nos idées sur la réalité, nos fausses projections, nos désirs et on a tendance à vivre plutôt sur nos idées que sur la réalité. Cette façon de fonctionner ne nous crée que des problèmes et de la tension.
C’est tellement plus bénéfique de se mettre en phase avec la réalité.
Alors, comment abandonner cette idée ?
Comprenons que c’est le plus bénéfique pour nous et pour les autres et décidons fermement de l’abandonner.
Puis dans notre quotidien, repérons tous ces moments où l’on rejette la réalité, respirons et acceptons.
Source :
🎧Podcast Sagesse quotidienne
Abandonner l’idée que les choses devraient être autres que ce qu’elles sont










