Quelqu’un souffre en face de vous. Comment réagissez-vous ? Tel un miroir, plein d’empathie, vous souffrez avec lui ? Ou ayant déjà trop souffert, vous vous éloignez pour ne pas sombrer avec lui ? Empathie ou indifférence ? N’existe-t-il pas une troisième voie ? Certains manquent cruellement d’empathie alors que d’autres souffrent abondamment d’hyperempathie ? Comment trouver le juste milieu ? Ne pas être soi-même impacté par la souffrance tout en agissant avec bienveillance pour aider l’autre ? Voyons comment mieux vivre la détresse empathique tout en restant tourné vers autrui.
Qu’est-ce que l’empathie ?
Pour le dictionnaire Le Grand Robert, l’empathie est la capacité de s’identifier à autrui, de ressentir ce qu’il ressent, de se mettre à la place de l’autre.
Lorsque la personne en face de moi souffre, je perçois sa souffrance et je la ressens directement. C’est une véritable résonance émotionnelle.
Si l’autre est en joie, je me sens en joie.
Si l’autre souffre, je souffre réellement de sa souffrance
Résultat : nous sommes deux à souffrir ! La belle affaire !
Toutefois, Blair (2005) distingue notamment l’empathie « émotionnelle » de l’empathie « cognitive ». La première se caractérise par la capacité à ressentir ce que ressent autrui, soit un partage émotionnel. La seconde désigne la capacité à savoir et à comprendre ce que ressent autrui sans pour autant le ressentir soi-même.
Toutefois, l’empathie ne doit pas être confondue avec l’altruisme et la compassion.
En effet, une forte empathie ne garantit absolument pas un comportement altruiste.
Si vous souffrez, vous êtes en situation de détresse empathique. Dans ce cas, tout ce que vous voudrez c’est vous éloigner de l’autre pour ne plus souffrir de sa souffrance.
Retenons donc qu’être empathique ne signifie pas nécessairement que vous allez réagir de façon altruiste et appropriée.
Si vous ressentez beaucoup d’empathie, je suis certaine que vous voyez de quoi je parle…
Pourquoi être trop empathique fait souffrir ?
Comme expliqué, dans le cas de l’empathie émotionnelle, je souffre aussi.
Donc une souffrance trop intense ou le contact régulier avec des personnes qui souffrent peut me faire dérailler et m’entraîner dans un burn-out.
C’est trop demander à quelqu’un que de devoir porter toutes les souffrances sur ses épaules.
Voici quelques signes de détresse empathique (selon le Centre intégré de santé et de services sociaux de Laval) :
- Un sentiment de surcharge, d’être vidé ;
- Une perte d’envie de comprendre et d’écouter l’autre dans sa souffrance ;
- Des comportements de distanciation et d’évitement face aux autres ;
- Une lassitude qui se manifeste par une perte de vitalité et de plaisir : se sentir fatigué, déconnecté, amer, désabusé ;
- Une hypersensibilité, le sentiment de ne plus avoir de frontières protectrices : avoir la larme à l’œil pour rien ;
- Une perte de sens au plan professionnel accompagné d’un sentiment d’impuissance et d’incompétence.
Vous l’aurez compris, l’empathie est utile, mais à petite dose sous peine d’être totalement débordé et de ne plus pouvoir apporter son aide.
Alors, comment faire pour éviter d’en arriver là tout en conservant un état d’esprit bénéfique tourné vers les autres ?
Comment apaiser sa détresse empathique ?
Pour ne pas nous entraîner dans une trop grande souffrance, l’empathie doit s’inscrire dans une sphère plus vaste et positive. Celle de l’amour altruiste et de la compassion.
En effet, l’amour est un antidote puissant à la détresse empathique puisqu’il s’agit d’un état d’esprit positif et constructif.
Cela fait toujours du bien de ressentir de l’amour altruiste, alors même que cela peut faire du mal de ressentir de la détresse empathique.
Qu’est-ce que l’amour altruiste ?
C’est souhaiter du fond du cœur le bien d’autrui.
Avec cet état d’esprit, si je vois que l’autre souffre, je lui apporte de la considération, de la valeur et j’agis pour apaiser sa souffrance.
L’amour incite toujours à aider, alors que l’empathie peut inciter à fuir…
La compassion quant à elle est une forme de l’amour altruiste qui rencontre la souffrance. Il s’agit d’un esprit bienveillant qui pense « puisse cette personne être libérée de la souffrance et des causes de la souffrance ».
Mais dans le cas de l’amour altruiste et de la compassion, je ne souffre pas. Je n’ai pas besoin de m’identifier à l’autre ni de ressentir intérieurement ce qu’il ressent pour souhaiter son bien et pour agir.
En pratique, comment cultiver cet état d’esprit d’amour altruiste qui nous aidera à devenir une force tranquille et à éviter la détresse empathique ?
🧘♀️Grâce à la méditation quotidienne. L’idée est de devenir familier avec le ressenti de l’amour altruiste, de le faire revenir fréquemment à notre esprit pour que ce ressenti devienne naturel et emplisse notre esprit à chaque instant.
C’est comme apprendre à jouer d’un instrument de musique. Il n’y a pas de secret, il faut s’entraîner régulièrement.
Pour vous inspirer, je vous invite à lire cet article : Ma pratique méditative sur l’amour altruiste.
Et pour aller plus loin :
👉À lire
Université de Genève : De l’empathie à la compassion
👉À regarder
👉À méditer :










