«âIl fautâ». «âJe doisâ». «âJe nâai pas le choixâ». Pourtant chaque instant de vie rĂ©sulte dâun choix, conscient ou non. Nous passons nos journĂ©es Ă prendre des dĂ©cisions. Parfois, je peux ĂȘtre amenĂ©e Ă dire que «âje nâai pas eu le choixâ», simplement parce que lâautre possibilitĂ© Ă©tait inconcevable, inacceptable pour moi. Mais jâai quand mĂȘme fait un choix, et quelquâun dâautre aurait pu choisir une autre alternative. «âJe dois supporter mon patron qui me traite comme une esclave, je nâai pas le choix.â». Si. Entre quitter mon travail ou rester, je choisis de rester. Entre la peur de manquer, ou la peur de lâinconnu, ou toute autre peur, et la souffrance endurĂ©e par la situation, je choisis de ne pas affronter ma peur et de continuer Ă endurer la situation. Alors, si nous avons toujours le choix, comment faire le bon ? Existe-t-il un guide qui puisse nous aider Ă prendre les bonnes dĂ©cisions pour notre vie ?
Pourquoi je ne fais pas toujours le bon choix ? La pensée qui nous trompe
Tous les matins, nous nous rĂ©veillons avec cette pensĂ©e : « Je ne vais pas mourir aujourdâhui ».
Toute la journĂ©e, nous vivons avec cette pensĂ©e : « Je ne vais pas mourir aujourdâhui ».
Et si vous lisez cet article, câest que, depuis votre naissance, tous les soirs vous vous couchez avec la confirmation que cette pensĂ©e Ă©tait juste. Ce qui conforte notre cerveau dans lâidĂ©e que cette pensĂ©e est nĂ©cessairement vraie.
Nous vivons chaque instant de notre vie en nous disant que nous avons le temps. Nous avons encore tellement dâautres instants Ă vivre.
Je ne vais pas mourir aujourdâhui. (Ni demain dâailleurs.)
Sauf quâun jour, je me lĂšverai avec cette mĂȘme pensĂ©e. Bien sĂ»r, je sais que je mourrai un jour. Mais pas aujourdâhui.
Et ce jour-lĂ , je me serai trompĂ©eâŠ
Bien sûr, il ne faut pas vivre avec la peur au ventre. Mais quel est le problÚme avec cette pensée ?
Câest quâelle ne nous aide pas Ă faire les bons choix pour notre vie. Elle ne nous aide pas Ă distinguer lâimportant de lâaccessoire. Et finalement, elle nous empĂȘche de vivre pleinement notre vie. Une vie qui a du sens pour nous.
Lorsque lâon est confrontĂ© Ă une situation trĂšs dangereuse ou trĂšs douloureuse, câest comme si tout sâĂ©clairait. Les choix se font beaucoup plus aisĂ©ment.
Si ma vie ou celle dâun ĂȘtre cher est en danger, je sais dâinstinct ce qui est essentiel. Jâagis selon mes prioritĂ©s sans avoir Ă y rĂ©flĂ©chir. Et câest comme si tout le reste disparaissait. Toutes ces ruminations Ă propos de choses sans importance, toutes ces cases Ă cocher sur ma to do list se dissolvent dâelles-mĂȘmes. Elles disparaissent comme si elles nâavaient jamais existĂ©.
Alors comment faire les bons choix ? Comment distinguer ce qui est important pour nous de ce qui ne lâest pas ? En se remĂ©morant Ă chaque instant lâimpermanence de notre existence.
Comment prendre les bonnes décisions ? Exercice inconfortable mais salutaire
Le 2 fĂ©vrier 2024, en pleine lecture du livre « Ă nous la libertĂ© » Ă©crit par Christophe AndrĂ©, Alexandre Jollien et Matthieu Ricard, jâai imaginĂ© et rĂ©alisĂ© un exercice inconfortable et bouleversant (inspirĂ© par le chapitre 17 Face Ă la mort), mais ĂŽ combien puissant pour vivre pleinement chaque instant, chaque minute de LA vie.
En voici le texte littéralement retranscrit :
« Il est 9 h 20, je rentre de mon footing tri-hebdomadaire.
Je mâinstalle dans un endroit agrĂ©able (mon le salon, face au jardin et au soleil encore levant Ă cette pĂ©riode de lâannĂ©e), avec une tasse de cafĂ© fumant prĂšs de moi, un grand verre dâeau et des gaufrettes.
Je me sens bien.
Je respire. Je suis vivante. Oui, je suis VIVANTE.
Et si je savais que je vais mourir demainâŠ
La mort est inévitable et imprévisible. Je sais que je mourrai un jour. Et je ne sais pas quand viendra ce moment. Demain, dans un an, dans 10 ans, dans 40 ans.
Alors, je fais lâexercice inconfortable dâimaginer que je sais que ce jour câest demain.
Est-ce que jâai peurâ? Oui, un peu. Mais pas tant que ça. Je nâai pas vraiment peur pour moi, mais plus que ma mort rende mes proches trop tristes. Mais jâai confiance en leur capacitĂ© de rĂ©silience.
Est-ce que je suis en colĂšreâ? Pas du tout.
Est-ce que je suis tristeâ? Oui. Jâai pour le moment le sentiment dâavoir encore tellement de choses Ă VIVRE et Ă accomplir.
Est-ce que je suis joyeuseâ? Presque. Car je vois le soleil qui brille. Câest tellement beau et je savoure pleinement cet instant. Je sais quâil brillera encore demain, mĂȘme si JE ne suis plus lĂ .
Alors maintenant, passons aux choses sérieuses.
Que vais-je faire de cette journĂ©eâ? De ces instants de vie si prĂ©cieux qui me sont offertsâ?
JâĂ©cris quelques-unes de mes pensĂ©es (des milliers de pensĂ©es par jour, je ne peux pas toutes les Ă©crireâ!) en espĂ©rant de tout mon cĆur quâelles aident dâautres ĂȘtres humains Ă VIVRE.
Je prĂ©vois dâaller Ă la banque faire un virement, de rĂ©pondre Ă mes mails, de rĂ©diger un plan dĂ©taillĂ© dâarticle de blog pour un client.
Jâavais prĂ©vu dâaller faire un peu de shopping pour âprofiterâ des soldes avant la fin. Mais si je dois mourir demain, ce nâest pas une activitĂ© que jâai envie de faire. Alors je la raye de mon emploi du temps.
Je prĂ©vois plutĂŽt de dĂ©jeuner avec mon mari Y. Nous allons discuter du voyage en Sicile programmĂ© en marsâŠ
MĂȘme si je sais que je vais mourir demain, jâaime imaginer ce que nous pourrions faire en vacances. Câest un plaisir et un moment heureux dont je veux profiter.
Si jâai le temps, je voudrais marcher un peu seule avant dâaller chercher mon fils J pour passer le reste de la journĂ©e avec lui. Jouer et manger des pizzas.
Puis mâendormir sereine, prĂšs de Y et J puisque nous dormons tous les 3 dans la mĂȘme chambre. Et si parfois, ça a pu me faire rĂąler ou me fatiguer que nous nâarrivions pas Ă faire dormir J dans sa chambre, aujourdâhui je suis HEUREUSE de savoir que ce soir, nous nous endormirons lâun prĂšs de lâautre.
Il est dĂ©jĂ 9 h 45âŠ
Et si finalement, jâai la chance de me rĂ©veiller Ă nouveau demain matin, je pourrai profiter dâune nouvelle journĂ©e de VIE.
Je nâai pas du tout envie de faire des choses folles ou extraordinaires pour cette derniĂšre journĂ©e dans ce corps, sur cette terre.
Juste VIVRE vraiment chaque instant. Tout est dans lâintention : cet instant, ce moment que je suis en train de vivre, le seul qui existe finalement, puisquâhier nâexiste plus et que demain nâexiste pas encore et n’existera peut-ĂȘtre jamais.
Et POUVOIR renoncer Ă rĂ©aliser certaines choses qui mâĂ©loignent de la VIE.
SOURIRE, RIRE, MARCHER, MANGER, LIRE, ĂCRIRE, DISCUTER, AIMER.
Bien sĂ»r, je peux mourir demain. La mort est imprĂ©visible. Mais ce nâĂ©tait quand mĂȘme quâun exercice.
DĂ©sormais, chaque nouveau matin, chaque nouveau jour, je souhaite faire ce travail : revenir Ă lâessentiel et faire de CETTE journĂ©e la plus belle, la seule qui compte, la seule qui existe.
Il est dĂ©jĂ 10 h, je ne vois plus le soleil Ă travers la baie vitrĂ©e⊠Il est lâheure dâaller vivre autre choseâ!
Remarque : Toutes mes phrases commencent par âjeâ. Tout simplement parce que ce âjeâ est la base Ă partir de laquelle sont vĂ©cues toutes les expĂ©riences. Je ne sais pas vraiment qui est ce âjeâ, mais jâexplore la question⊠»
Jâai Ă©crit ce texte il y a un an.
Depuis jâai trop souvent oubliĂ© de faire de cette journĂ©e la plus belleâŠ
Et vous ?
đ§ââïžInspiration pour aller plus loin : Podcast Sagesse quotidienne : Que signifie notre mort ?











