Nos conditions de vie matérielles n’ont jamais été aussi confortables. Alors le confort fait-il le bonheur ? À en croire le niveau d’insatisfaction que nous éprouvons tous, il ne semble pas. L’argent, la renommée, l’amour, la réussite professionnelle, la famille, une vie simple, une vie à 100 à l’heure… Qu’est-ce qui peut nous rendre durablement heureux ? Existe-t-il quelque chose ou quelqu’un qui a le pouvoir de nous apporter le bonheur ?
En première intention, nous recherchons tous, sans exception, le bonheur
« Le but même de l’existence est la recherche du bonheur ».
Le XIVe dalaï-lama
Bonheur : de quoi parle-t-on ?
Vaste question : Qu’est-ce que le bonheur ?
Sur cette question, il existe de très nombreux débats philosophiques. L’idée ici n’est pas de résoudre ces débats, mais plutôt de définir plus modestement ce dont nous parlerons dans cet article (et sur ce blog en général) !
J’ai été troublée lorsque j’ai lu la définition du mot « santé » donnée par l’OMS : « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité » (OMS, 1946)
J’ai trouvé que cette définition pourrait très bien être celle du bonheur : un état complet de bien-être physique, mental et social…
Cependant, selon le bouddhisme, il me semble que c’est même un peu plus que cela.
En effet, pour constituer un bonheur véritable, cet état de bien-être ne doit pas être troublé par des conditions extérieures, par nature changeantes. Il doit être durable.
Pourtant, il paraît très fréquent de confondre :
❌️Plaisir ordinaire ou suspension de la souffrance
Et
✅️Bonheur vrai et pur.
Dans le bouddhisme, je crois comprendre que finalement le véritable bonheur c’est l’illumination.
Bouddhisme : Qu’est-ce que l’illumination ?
C’est la bouddhéité ou l’éveil : la libération de toutes les fausses croyances, toutes les perturbations mentales, de l’ignorance et donc de la souffrance.
Bref enfin voir la vraie nature des choses, comprendre puis réaliser la vacuité, c’est-à-dire que rien n’existe de manière autonome, séparément, de son propre côté. Et ainsi se libérer définitivement de la souffrance.
👉À noter : lorsque les textes bouddhiques parlent d’ignorance, ils renvoient à l’ignorance existentielle, au fait de ne pas réaliser la façon dont les choses existent vraiment. Cette ignorance fondamentale nous atteint tous, même les plus savants d’entre nous.
« S’éveiller, c’est d’abord reconnaître qu’on dormait. Qu’on ne vivait pas sa vie, mais qu’on la rêvait. C’est prendre conscience que tout ce que nous percevons est une illusion engendrée par nos sens, que la seule réalité est vacuité ».
Le XIVe dalaï-lama
Bon, je vous l’accorde, y’a du boulot !
Existe-t-il un être humain qui souhaite être malheureux ?
Au-delà de cette notion de bonheur pur, peut-on raisonnablement penser qu’il existe un seul être humain sur cette terre qui souhaite véritablement être malheureux ?
Ce n’est pas parce que l’on ne s’y prend pas bien pour accéder au bonheur ou que l’on reste mystérieusement attaché à des choses qui nous font souffrir que l’on désire être malheureux !
La souffrance fait partie intégrante de notre vie. Elle est toujours là, en attente, même quand elle est suspendue. Sentiments d’insatisfaction chronique, anxiété, vide, manque, émotions désagréables sont généralement toujours présents en fond, et ne sont soulagés que temporairement.
Peut-on honnêtement se satisfaire de cela ?
Est-il envisageable que quelqu’un souhaite ce mal-être pour lui-même ? Existe-t-il une personne qui ne souhaite pas du tout améliorer son quotidien ?
Je ne crois pas.
Nous pouvons être découragés ou résignés, penser que c’est impossible de se libérer de notre souffrance, mais pas être satisfaits de ce mal-être.
En pilotage automatique, nous faisons tous, sans exception, fausse route
Pouvoir obtenir ce que je veux quand je veux me rendrait heureux
Je vais vous raconter une histoire.
C’est celle de Vinay Hiremath, co-fondateur de Loom (une start-up à succès). Il cumule les grandes réussites professionnelles, et pourtant il n’est pas heureux. Il recherche encore inlassablement ce bonheur…
En 2023, il vend sa société, devient riche et maître de son temps.
Il déclare alors sur son blog personnel « J’ai une liberté infinie, mais je ne sais pas quoi en faire ».
Depuis, il va d’insatisfaction en insatisfaction. D’une grande excitation à un sentiment de vide, à un manque de sens, d’un espoir à une déception, d’un plaisir à une douleur, etc.
Est-ce que ça vous parle aussi ? Même si nos conditions de vie sont différentes, nos expériences intérieures sont souvent similaires. Et ainsi, même si nous changeons nos conditions de vie, nos expériences intérieures ne changeront pas…
👉️Pour en savoir plus sur son histoire : Vinay Hiremath.
Pouvoir obtenir ce que je veux quand je veux ne résoudrait pas mon problème
Spontanément, nous croyons la plupart du temps que ce sont nos conditions de vie qui nous rendent malheureux. Et nous imaginons que si elles changent de telle et telle façon, on sera heureux. Tout simplement.
Pensez-vous qu’il existe un être humain dont les conditions de vie lui permettent de ne jamais ressentir la moindre émotion désagréable, la moindre insatisfaction, la moindre anxiété, le moindre manque ?
Si nous agissons sans réfléchir, pilotés par notre ignorance existentielle, nous passons notre vie à être ballotés par les circonstances extérieures, à essayer de les maîtriser, à mettre en place des tas de stratégies de contrôle sans jamais obtenir satisfaction.
Tout ça pour quoi ? Toute cette énergie perdue !
En revanche, si nous arrivons à réaliser que, pour atteindre le bonheur, ce n’est pas l’extérieur que nous devons améliorer, mais l’intérieur, là nous faisons un grand pas.
En méditant sur la question, nous pouvons tous, sans exception, avancer vers un bonheur durable
Alors finalement, qu’est-ce qui peut nous rendre véritablement heureux ? Dans un état complet de bien-être durable ?
Au-delà de l’illumination promise si l’on étudie et que l’on suit la voie proposée par Bouddha, nous pouvons dès à présent faire un premier pas.
Ce premier pas, que j’ai fait récemment pour ma part, c’est celui de s’engager sur le chemin de la transformation de l’esprit grâce à la méditation.
En effet, rappelons ici que la pratique de la méditation n’a pas pour objectif principal de diminuer le stress ou faire une pause dans notre quotidien surchargé, mais bel et bien de transformer notre esprit, de l’améliorer.
Je vois mon esprit comme un grand champ sur lequel des graines sont semées.
Les mauvaises graines (la médisance, l’égoïsme, la critique, la violence, etc.) font pousser de mauvaises herbes ou des fruits et légumes au goût amer.
Alors que les bonnes graines (l’amour, la compassion, l’altruisme, l’aide, etc.) donnent de belles plantes et des fruits et légumes délicieux…
Cerise sur le gâteau : le vent transporte souvent les graines semées sur le champ du voisin.
En cultivant les qualités humaines fondamentales grâce à un entraînement quotidien en méditation, les expériences sont naturellement plus agréables et plus joyeuses.
Alors on s’y met ?
Il suffit de commencer par 5 minutes par jour.











