Méditation ou Relaxation : Quelles différences ?

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Stress, anxiété, fatigue, surmenage… Nos vies modernes ne sont pas épargnées, loin de là, par les difficultés et les perturbations. Au milieu de ces rythmes harassants, il est indispensable de souffler, de faire une pause, de relâcher la pression. Pour tenir la cadence, nous alternons tous des périodes plus ou moins longues de rush et des périodes de détente. La journée puis le soir, la semaine puis le week-end, le travail puis les vacances, la vie active puis la retraite, etc. Lors des moments de relâchement, nous ressentons le besoin de décompresser, de nous décontracter, bref de nous relaxer. Et dans ce contexte, la méditation est parfois présentée comme une activité de relaxation bénéfique. Alors, peut-on méditer pour se relaxer ? Qu’est-ce que la méditation ? Est-ce une pause bien-être ? Au même titre qu’un massage, une promenade, une sieste ?

Je ne sais pas vous, mais moi je n’avais jamais vraiment réussi à me tenir à des séances de méditation régulières ces dernières années. Attirée par le concept, l’idée, les promesses de la méditation de pleine conscience (réduction du stress, amélioration du sommeil, de la qualité de vie, etc.), j’ai pourtant essayé à plusieurs reprises.

Dans mon expérience, cela manquait de sens. Je suis ma respiration, ok, mais après ?

Et puis, c’est un exercice particulièrement exigeant. Il faut une sacrée dose de motivation pour ne pas se décourager face à l’ampleur de toute cette agitation mentale qui nous assaille ! C’était trop pour moi.

Jusqu’à ce que… je commence à étudier et à mieux comprendre les enseignements de Bouddha. Et l’idée que le but de la méditation n’est pas simplement d’apaiser son mental, mais surtout de transformer son esprit.

À ce moment-là la pratique de la méditation prend tout son sens pour moi, l’effort devient plus « facile » parce que la motivation est là.

Au lieu de me concentrer uniquement sur ma respiration, je médite sur l’amour altruiste. Et je vis de profonds changements intérieurs, quasiment imperceptibles aux yeux des autres, mais totalement ahurissants. Ce début de transformation de mon esprit a un impact important sur mon quotidien. Et c’est le cercle vertueux qui est enclenché.

C’est tellement puissant d’aimer, d’aimer vraiment d’un amour pur et inconditionnel. Le cœur n’a pas de limite et nous avons tous, quels que soient nos conditions de vie ou notre état physique, le potentiel d’aimer de manière illimitée. Ainsi, nous détenons tous cette possibilité de bonheur indescriptible et si profond. Pouvoir cultiver l’amour, c’est une chance inouïe que seuls les êtres humains possèdent. Profitons de notre précieuse vie humaine pour développer ces qualités, notamment grâce à la méditation.

Selon le dictionnaire Larousse, la relaxation est la « détente physique et mentale résultant d’une diminution du tonus musculaire et de la tension nerveuse. »

La relaxation apaise, ressource, fait du bien, tout comme d’autres activités telles que marcher dans la nature, jardiner, courir, etc.

Cependant, même si ces activités permettent de faire une coupure, une pause avec nos problèmes et nos difficultés, cela reste superficiel. C’est une simple distraction, un relâchement temporaire, mais dès la fin de l’activité relaxante les difficultés reviennent. 

Toujours selon le dictionnaire Larousse, la méditation est l’ « action de réfléchir, de penser profondément à un sujet, à la réalisation de quelque chose. »

C’est un outil pour accéder à notre esprit, le comprendre et l’améliorer. Bien entendu, la transformation n’intervient pas en un claquement de doigts. Cependant, à force de pratique et d’entraînement, nous pourrons constater un changement, une véritable amélioration de notre quotidien.

Idées reçues : ce que la méditation n’est pas

Aujourd’hui, même si la méditation s’est largement développée, il me semble que la puissance de cet outil reste incomprise. Elle est ainsi l’objet de nombreux clichés.

Par exemple : 

Cliché n° 1 : méditer consiste à faire le vide dans son esprit.

C’est impossible, les pensées ne peuvent pas être bloquées.

Cliché n° 2 : méditer, c’est cogiter sans fin.

C’est l’inverse. Cogiter, c’est agiter son esprit. Méditer, c’est d’abord calmer cette agitation mentale pour révéler la clarté.

Cliché n° 3 : méditer, c’est se relaxer (certains s’endorment d’ailleurs en méditant…).

Et bien non, pour méditer, il convient au contraire d’être bien éveillé et de ne pas tomber dans la torpeur. Ceux qui s’endorment en méditant n’étaient tout simplement pas ou plus en train de méditer !

« [La méditation] ne se réduit pas à un simple processus de relaxation dans lequel les conflits intérieurs sont momentanément suspendus dans un état de conscience indifférencié. Il y a certes un élément de relaxation dans la méditation, mais il s’agit plutôt du soulagement qui accompagne le « lâcher prise » sur les espoirs et les craintes, sur les attachements et les caprices de l’ego qui ne cessent de nourrir nos conflits intérieurs. »

Matthieu Ricard — L’art de la méditation

Dans son livre « L’art de la méditation », Matthieu Ricard nous explique qu’il s’agit de la traduction des mots sanskrits et tibétains « bhavana » et « gom ».

Il nous apprend que « bhavana » signifie « cultiver ». En l’occurrence cultiver des qualités humaines fondamentales, telles que la liberté intérieure, l’altruisme, la compassion, la force d’âme, etc., dont on a le potentiel, mais qui sont à l’état latent.

« Gom » peut se traduire par « se familiariser ». En l’occurrence se familiariser avec la façon dont fonctionne notre esprit.

Ainsi, l’entraînement à l’attention et à la pleine conscience est indispensable, mais non suffisant. Il ne peut pas, à lui seul, nous mener à la liberté intérieure.

Méditer doit ainsi commencer par l’attention pour stabiliser notre flux mental et rendre l’esprit calme et clair, pour ensuite pouvoir cultiver nos qualités humaines fondamentales et mieux comprendre comment les pensées et émotions nous asservissent.

Nous le comprenons donc bien, méditer ce n’est pas se relaxer, bien au contraire ! 

C’est un travail exigeant, un entraînement qui nécessite de réaliser de nombreux efforts pour porter ses fruits.

Dans l’épisode du podcast « Sagesse quotidienne » sur le sujet, Guèn Kelsang Sangyé, enseignant principal du centre de méditation kadampa de Toulouse, nous explique qu’il existe deux catégories de méditations : celles qui apaisent et celles qui transforment.

Il s’agit de méditations dites préparatoires. Elles permettent d’avoir un esprit plus clair, plus positif.

Ce type de méditation fait beaucoup de bien. La plus connue consiste à méditer sur la respiration pour obtenir un état de calme et de bien-être qui aide à faire face à l’agitation et aux difficultés de notre quotidien.

C’est ici que l’essentiel commence.

Bouddha a donné 84 000 enseignements à méditer pour : 

  • identifier et réduire les mauvaises habitudes mentales et tout ce qui nous fait souffrir ;
  • identifier et développer les bonnes habitudes mentales, la richesse intérieure, les points de vue constructifs, tout ce qui nous rend heureux.

En conclusion, nous pouvons comprendre que la méditation est un outil pour réveiller et développer ce qu’il y a déjà en nous, ce potentiel pur et bénéfique, et détruire ce qui nous empêche de le révéler.

C’est un entraînement de l’esprit. Les exercices et pratiques pour améliorer le corps sont très répandus. Testons et intégrons aussi les exercices qui améliorent l’esprit dans notre quotidien.

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